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L'appel à la grève par l'ensemble des syndicats pour le 29 Janvier devrait toucher tous les secteurs de l'économie et de l'administration.
Les slogans, répétés à l'envie sur toutes les chaînes de télévision et à la radio par les "leaders" syndicaux de toutes obédiences, sont archi-connus :
"POUR LA DEFENSE DE L'EMPLOI ET DU POUVOIR D'ACHAT".
Qui peut sérieusement être opposé à une telle revendication ?
Une chose est de l'exprimer, une autre d'obtenir satisfaction ....
Tout d'abord l'EMPLOI : La crainte compréhensive, c'est le retour du chômage de masse, conséquence malheureusement prévisible de la crise financière et économique. Tout le monde supporte et regrette cette situation mais il ne sert à rien de MANIFESTER contre une crise internationale ; la seule réponse c'est l'action pour la RELANCE de l'économie et la reprise du flux financier par le système bancaire. Les manifestants exprimeront donc plutôt leur refus du plan de relance lançé par le Président de la République et le Gouvernement. Mais l'EMPLOI, dans le secteur privé (le secteur marchand) ne se décrète pas : si l'activité économique sombre, les salariés sont menacés. Quel PLAN ALTERNATIF se présente à nous ?
Dans le secteur public, la défense de l'EMPLOI c'est d'abord le refus de voir diminuer le nombre de fonctionnaires alors que cette réforme est IMPERATIVE, tant le poids de la fonction public est disproportionné en France par rapport à tous les autres pays développés, entraînant pour l'Etat l'impossibilité d'en assurer la charge.
LE POUVOIR D'ACHAT : La hausse des prix, parfois le gel des salaires, la précarité de nombreux emplois expliquent la dégradation du climat social. Un sentiment d'injustice peut naître des conséquences du plan de relance qui favorise l'investissement aux dépens du pouvoir d'achat des salariés. Mais l'ETAT pour le secteur public et les ENTREPRISES pour le secteur marchand sont-ils en situation de répondre à une exigence d'augmentation des salaires ? Peut-on raisonnablement imaginer que leur situation financière le permet ? Evidemment NON.
Les syndicats prennent donc une très grande responsabilité sociale en agitant des slogans qui n'ouvrent malheureusement sur aucune perspective crédible. Ils ouvrent simplement la voie à l'expression d'un ras-le-bol généralisé et à une colère froide des salariés en plein désarroi. Les tentatives de récupération de ce mouvement par le PS qui ne souhaite pas se faire doubler par l'extrême gauche dans l'accompagnement de ces manifestations indiquent bien les limites de l'exercice. Attention de ne pas allumer un feu qu'aucun politique responsable n'est en mesure de maîtriser !