| « INQUIETUDE ET COLERE | LETTRE OUVERTE A MADAME LA PRESIDENTE DU CONSEIL GENERAL » |

"Les militants NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) qui font le tour des entreprises en difficulté, ça fait un peu rapaces" déclare François CHEREQUE, responsable de la CFDT.
Il est vrai que l'activisme des militants du parti d'Olivier BESANCENOT ne facilite pas la tâche des syndicats "réformistes".
On est là pour "sauver ce qui peut l'être" déclarent les uns ; on est là "pour faire monter la pression" disent les autres !
Dans la crise, les salariés des entreprises en difficulté deviennent un enjeu, leur mobilisation et leur inquiétude pouvant servir de levier à ce que le secrétaire général de la CFDT appelle "des expressions radicales de désespoir".
Si l'on sent bien monter ce "ras-le-bol général" dont parlent les syndicats, peut-on pour autant imaginer de "faire la grève contre la crise" ? C'est bien la question qui va se poser lors de la journée d'action du 19 mars ; la convergence des mécontentements ne définit pas une politique alternative crédible.
Et pourtant, on retrouve là les résultats d'un récent sondage BVA (La Tribune - 16 mars) qui indique que pour 35% des personnes interrogées, le leader du Nouveau Parti Anticapitaliste est "capable de changer les choses" ! Bien mieux, 43% des sondés estiment qu'Olivier BESANCENOT "s'occupe de leurs problèmes" contre 28% pour le chef de l'Etat !
Il faut donc prendre en considération ce sentiment diffus dans la population que des solutions simplistes, voire abruptes peuvent être apportées en s'appuyant sur des discours radicaux balayant le syndicalisme "classique" (CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC et même y compris CGT)et s'affrontant au gouvernement et à l'Elysée pour en combattre les décisions.
A cet égard, la mobilisation du 19 mars devra être analysée avec précision pour y mesurer le poids des tenants de la politisation à outrance du mouvement social, voulant transformer le "ras-le-bol" exprimé par les manifestants en hostilité à la politique du Président de la République.
La constitution d'un tel front anti-Sarkozy marquerait une rupture avec la gestion jusqu'à maintenant financière, puis économique et maintenant sociale de la crise. Quelle marge de manoeuvre reste-t'il poue donner du "grain à moudre" aux syndicats ?