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Un, deux, trois millions de manifestants dans les rues ?
Les cortèges étaient denses ce 19 mars dans plus de 200 villes de France à l'appel des syndicats ; bon nombre de salariés du secteur privé se joignant aux défilés revendicatifs.
Il est vrai que la situation sociale se détériore rapidement et que l'annonce de suppressions d'emplois et la mise en place de chômage partiel crispent les relations dans de nombreuses entreprises, dont certaines en grande difficulté.
Les slogans ne font pas dans la "dentelle" ! En voici quelques échantillons :
"Y'en a assez de cette société ! Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, ça ne peut plus durer!"
ou encore, "Emplois supprimés, salaires bloqués, retraites comprimées, ça va péter!"
Au-delà de ces mots d'ordre parfois caricaturaux, essayons de retenir les deux grandes motivations qui animent la plupart des manifestants :
1) L'INQUIETUDE.
Elle est légitime, elle ne doit pas être sous-estimée, elle taraude la société face à la crise :
- inquiétude des salariés dans les entreprises menaçées par des baisses d'activité catastrophiques,
- inquiétude devant le chômage partiel et les menaces de licenciements,
dans des régions où il n'y a souvent pas d'emplois de remplacement,
- angoisse de la perte de pouvoir d'achat pour assurer les charges de la vie courante (loyer, crédits, études des enfants ...)
- inquiétude pour les retraites,
- inquiétude pour l'avenir des plus jeunes,
Toute cette accumulation de menaces doit être prise en compte car elle a un effet psychologique destructeur sur une partie de la population, souvent la plus fragile, la moins formée, et que menace la précarisation.
Notre Pays a un systême social complexe, généreux, capable d'amortir les coups de boutoir de la crise ; son coût est le plus cher du monde en terme de cotisation, on ne peut pas laisser dire que rien n'est fait pour protéger les victimes des difficultés économiques. Au Gouvernement, aux Parlementaires d'en faire la promotion haut et fort pour ne pas laisser les plus exposés de nos concitoyens seuls dans leurs difficultés.
2) LA COLERE
Une partie est artificielle, manipulée, fruit d'une pression politicienne bien dangereuse dans de telles circonstances.
Une autre partie est, il faut bien l'admettre, justifiée et je n'hésite pas à m'en faire le relais :
- Colère des "conti", ces ouvriers de Continental qui apprènent qu'en même temps que l'on ferme leur usine à Clairoix, leur société embauche à Timisoara en Roumanie pour fabriquer les mêmes pneus ! Salaires d'embauche des ouvriers roumains : 250 € par mois ! Etait-il donc si urgent, toutes affaires cessantes, de faire entrer la Roumanie dans l'Union Européenne, sans un minimum de précautions sur le plan social. Cette situation est indigne et disqualifie la gestion politique de l'Europe qui ne protège pas ses ressortissants à l'INTERIEUR même de son territoire !
- colère des salariés des entreprises où le chômage partiel massif est décrété ou bien de celles où des licenciements économiques d'ampleur sont planifiés et où de copieux BONUS sont distribués aux dirigeants comme si de rien n'était ! Il ne peut y avoir deux poids et deux mesures, le Premier Ministre l'a d'ailleurs rappelé.
La crise est mondiale, elle entraîne de terribles répercussions sociales ; sa gestion nécessite de tenir compte de la réelle inquiétude voire de l'angoisse justifiée d'une partie de la population, mais aussi d'être extrêmement ferme face aux injustices et aux comportements "voyous" qui exaspèrent nos concitoyens.