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L'énorme projet LGV SEA est venu en discussion au Conseil général suite à la demande du Secrétaire d'Etat aux Transports de faire participer les départements traversés au financement de cette infrastructure.
La participation de l'Indre-et-Loire représente environ 0,25 % du coût prévisionnel de réalisation de la LGV (entre Tours et Bordeaux), 50% étant pris en charge par le future concesssionnaire et 26,89% par l'Etat.
Ce taux relativement faible de la participation sollicitée du Département représente cependant 19,50 Millions d'euros (rapportés aux 7,141 milliards d'euros du projet total).
La majorité de gauche du CG n'a pas souhaité accéder à la demande formulée par Dominique BUSSEREAU, considérant que cette infrastructure risquait d'avoir "sensiblement plus de conséquences néfastes pour la Touraine, en termes de nuisances, de désorganisation agricole et de fractionnement du territoire, que de retombées positives".
Pour ma part, considérant la faiblesse des arguments mis en avant pour ne pas participer à ce financement, je suis intervenu sur différents points de ce dossier :
- En rappelant tout d'abord la "légerté" des arguments avancés car c'étaient à peu près les mêmes qui étaient mis en avant par les adversaires du Chemin de Fer lors de l'inauguration de la première ligne entre Paris et St-Germain-en-Laye en 1848 ! (nuisances, fractionnement du territoire et désorganistion agricole !).(et qui pourraient être d'ailleurs opposés au Conseil Général lui-même par tous les opposants au moindre projet d'aménagement !).
- en admettant que l'on pouvait refuser ce financement pour des raisons de "principe" en affirmant :"c'est le rôle de l'Etat".
- en admettant que l'on pouvait refuser également pour des raisons financières ( 19,5 Millions d'euros, étant donné la situation budgétaire de notre département ....
- en précisant qu'il s'agit d'un grand projet dont l'objectif est de "désenclaver" le sud-ouest de notre pays : la région Aquitaine, la Région Poitou-Charentes et Midi-Pyrénnées.
- en précisant également qu'il s'agit de relier ces régions-là aux grandes capitales européennes déjà desservies par le TGV (Bruxelles, Londres, Amsterdam (il y a donc une vision d'aménagement continental).
- en mettant en valeur d'autres arguments positifs démontrant qu'un tel projet doit répondre à une sorte d'alternative au mode de transport par route. En effet, dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, l'autoroute au sud de Tours ne sera jamais mise à deux fois trois voies et l'ouverture de la LGV ouvre une réelle alternative pour les déplacements.
- en constatant qu'actuellement, sur la voie "historique", les rames de TGV circulent à vitesse réduite ! Et que sur cette même voie circulent à la fois les TGV, mais aussi du Fret et les TER !
L'ouverture de la nouvelle ligne permettrait donc de dégager de nouveaux sillons pour le transport du Fret et celui des TER entre Tours et Bordeaux, alors que les TGV circuleraient "à grande vitesse" sur la nouvelle ligne LGV.
- en affirmant que cette disposition permettrait de faire baisser de 15% le transport par poids lourds sur cet axe NORD-SUD Europe.
- en dénoncant le double language qui consiste à réclamer le transfert du fret des poids lourds vers le train et à mettre en avant des arguments et des postures politiciennes qui empêchent une telle utilisation.
- enfin en démontrant que la LGV aurait aussi des avantages sur le plan du développement durable en rendant moins interessante l'utilisation du transport aérien sur les destinations désservies tel que celà a déjà été démontré sur la nouvelle portion Paris-Strasbourg.
Pour toutes ces raisons notre groupe s'est abstenu pour ne pas cautionner la position négative de principe de la gauche.